Marcello, le Don de la famille Valence, souffre d’un grave trouble de stress post-traumatique. Il est froid et repousse tout le monde. Mais moi, j’entends ses pensées. Je sais à quel point il est possessif sous ses airs froids. Quand il me dit : « Éloigne-toi de moi, je ne veux pas te voir », il pense en réalité : « Lilian, ne pars pas. Ne me laisse pas. J’ai vraiment besoin de toi. » Après six ans de mariage, j’ai l’habitude qu’il ne dise jamais ce qu’il pense. Mais ce soir, au banquet familial, c’est encore son assistante qui est à son bras, à ma place. Je demande à Marcello : « Elle est à la place de la femme du Don. Tu n’as rien à dire ? » Une expression d’impatience passe sur son visage. « Tu as vingt minutes de retard, Lilian. Tu n’as pas à me demander des comptes. Va donc dans un coin ou dégage de mon domaine. Maintenant. » Une seconde plus tard, ses pensées me frappent de plein fouet : « Lilian. Mets-toi en colère. Gifle-la. Crie que tu es ma femme. Prouve que tu m’aimes. J’ai besoin de me sentir en sécurité. » Mais cette fois, en voyant les sourires moqueurs sur tous les visages, je suis juste… fatiguée. Je retire ma bague en diamant, celle qui fait de moi la femme du Don. « Puisque je n’ai pas ma place ici, divorçons. » Ça tombe bien. L’hôpital m’affecte à Londres. Je pars demain.